Effet de Haas (précédence)

L’effet de précédence est une particularité de nos oreilles.Prenons un instant pour analyser ce processus psychoacoustique et les conséquences en matière de perception d’un son amplifié.

Oublions un moment la sonorisation. Lorsque nos oreilles entendent un son, à moins d’être dans une chambre anéchoïque ou de l’écouter au casque, il ne vient pas tout seul. La propagation d’un son dans une acoustique naturelle engendre son lot de réflexions sur les différentes surfaces (mur, mobilier, parois naturelle, arbres, etc.) Notre oreille va percevoir le son originel et ses répliques. Mais notre cerveau va faire le tri dans cette masse sonore pour n’en garder que ce qui est pertinent dans son contenu et utiliser le reste pour éventuellement nous renseigner sur l’acoustique du lieu.

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Habituellement le premier son à nous parvenir a voyagé en ligne directe depuis là où il a été émis. Il est analysé par comparaison des signaux reçus par nos deux oreilles pour déterminer sa provenance. Voir cet article pour plus de détail sur les principes psychoacoustiques de localisation.
Les premières répliques sont appelée premières réflexions. Lorsque l’onde se propage, elle le fait plus ou moins dans toutes les directions. Lorsqu’une onde rencontre une surface elle se réfléchit dessus. Le trajet de la source à nos oreilles s’en trouve rallongé et donc ces réflexions nous parviennent en retard et atténuées par rapport à l’onde directe.
Ensuite viennent une grande masse de réflexions tardives et brouillées qui correspondent à des trajets avec de multiples réflexions, c’est le corps de la réverbération.

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Réponse impulsionnelle avec les première réflexions puis le son diffus

Au delà d’un certain temps les réflexions définies qui nous parviennent sont à nouveau perçues indépendamment du son initial. On les appelle des échos.

Pour un renfort acoustique discret on mettra à profit cette particularité de notre système auditif. On cherchera à diffusé dans la fenêtre de temps entre le son direct acoustique et le moment où le cerveau commence à percevoir les sons comme des échos.
Bien sûr il y a une limite dans le rapport de puissance entre le son acoustique et le son amplifié. Si on veut un gain élevé il faudra s’assurer de limiter autant que possible le décalage entre les deux sons.

De loin la variation de distance entre le trajet en ligne droit depuis la source et la ligne droite depuis chaque enceintes est souvent faible et d’autre part l’amplification est en générale bien plus puissante que le son acoustique.
Par contre dès qu’on s’approche de la scène où sont placées les sources, si le calage temporel pour l’amplification est uniquement fait en profondeur on aura des sons amplifiés en avances pour tous les auditeurs qui ne sont pas directement face aux sources acoustiques. C’est à ce moment qu’on commence à s’intéresser à la synthèse de front d’onde pour éviter ces problèmes de décalage.
Même problème lorsqu’on distribue un mix en mono dans des rappels sous les balcons ou pour des loges.

Ces décalages font percevoir l’amplification et attirent l’attention. Souvent la perception est monophonique.
Si on ajoute plusieurs sources en parallèle sans respecter les différents temps d’arrivée des sons acoustiques, notre oreille aura plus de difficultés à décomposer le signal. On perd en intelligibilité.

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