Histoire(s) du Théâtre 1 – La Reprise – saison 1, épisode 7

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Le spectacle de Milo Rau Histoire(s) du Théâtre 1 – La Reprise était programmé au festival GREC à Barcelone, non loin de Toulouse. Ce fut l’occasion de faire entendre en condition de spectacle la reprise des voix et la diffusion des bandes par la WFS au lieu de se servir du dispositif habituel avec une façade et un plan au lointain.
Le spectacle a été créé avec une sonorisation on ne peu plus classique en s’appuyant sur la façade habituelle de la salle avec un point central et des front-fills en mono. Une paire de haut-parleurs au lointain permet de sonoriser l’écran sur lequel son projetés les films et la captation des comédiens en directs par une caméra au plateau.

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Tom Abidji ; Photo : Hubert Amiel

Les comédiens sont équipés de micros-colliers DPA (d:screet 4561). Ce sont des micros cravates montés dans des colliers ce qui permet de ne pas avoir de micro sur le visage vu que les comédiens sont filmés en direct, et de les mettre et les enlever très rapidement grâce à leur fermoir. En revanche les micros sont très sensibles au larsen étant donné leur placement en haut de la cage thoracique, loin de la bouche. De plus le timbre de la voix change grandement selon la position du comédien, en particulier lorsque le comédien se penche en avant, lève la tête ou tient ses bras devant lui… C’est sans doute un meilleur choix pour du cinéma que du spectacle vivant.
Les comédiens sont également repris à l’aide d’une perche. Une des actrices qui joue à ce moment là le rôle d’une mère abattue par l’assassinat de son fils est filmée. Sa voix est habituellement amplifiée par les enceintes de part et d’autre de l’écran juste dans le prolongement ce qui provoque de gros problèmes de larsen.

Avec le directeur technique de la compagnie avec qui je partage la régie son de ce spectacle nous avons décidé de mettre en œuvre la WFS pour tenter de résoudre les problèmes de larsen et du placement des voix dans l’espace pour améliorer l’intelligibilité du texte qui est donné en Flamand, Français et Anglais. Le choix de la ou les langues du surtitrage dépend du lieu où le spectacle est donné.

La conduite a été modifiée pour ajouter les informations du placement des voix des acteurs, de l’écran et de tous les sons enregistrés. Dans le cas d’une diffusion sur une façade et un plan lointain chaque sortie audio de QLab correspond à une enceinte : Face gauche et droite, lointain gauche et droit. Dans le cas de la WFS il faut séparer les différentes pistes en fonction de leur position. Ainsi on va trouver un piste pour l’écran, une paire pour les musiques ou ambiances et quelques autres encore pour des détails additionnels qui sont placés à divers endroits.
Sans grande difficultés on arrive à placer les voix des comédiens pour coller à leur position. Étant donné que chaque représentation a ses légères variations il est souhaitable de pouvoir ajuster les niveaux et les positions tout en allant.
Les sons d’ambiance et les musique peuvent maintenant habiter l’espace. La façade habituelle de la salle ne sert que lorsque de la puissance est nécessaire pour donner à entendre de la musique électronique comme en boîte de nuit. Pour le reste c’est ici dix petites enceintes KS Audio CPD04 au bord de scène et quatre légèrement plus grosses KS Audio CPD08 suspendues au cadre qui assurent la couverture de la plus grande partie du gradin de 500 places.

Lors des séquences filmées en direct la voix des comédiens qui apparaissent sur l’écran est diffusée de sorte à ce qu’on pense qu’il y a un haut-parleur au niveau de l’écran, mais avec la WFS il n’y est plus ! Si on conserve les réglages de position pour l’écran qui est dans le dos de la personne filmée alors sa voix acoustique va être en avance de 2m. Si on active le mode « latence minimale » qui retranche à toutes les lignes de retard correspondantes à cette source le plus petit délai. Dans ce cas on a la précédence du son amplifiée avec la courbure correspondant à un son émanant de l’écran mais qui sort avant que le son acoustique n’arrive aux enceintes. Au final l’effet de Hass permet de masque la voix naturelle du comédien. On perçoit sa voix comme venant de l’écran.

Bien sûr les comédiens ont trouvé que le son diffusé de cette façon changeait leurs repères. En salle on a l’impression que le plateau est baigné de son alors qu’il ne l’est pas. Avec l’aide d’un petit retour au milieu du bord de scène et d’une enceinte cachée derrière le canapé à cour il a fallu diffuser un peu des musiques et des ambiances pour rendre aux acteurs l’impression de partager le même espace. Le réglage des niveaux a été fait pour ne pas trop perturber la WFS tout en donnant suffisamment de présence pour le plateau.

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A gauche en haut : écran de l’ordi qui fait le traitement WFS ; en bas : tablette avec Lemur pour les corrections de position ; à droite en haut Qlab (vidéo, son, commandes OSC) ; en bas pupitre avec le script.

Au final une expérience très prometteuse après seulement deux répétitions et deux représentations. A suivre…

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